Pour nous, à première vue, la disposition des taches sur la robe d’un chat lui a été transmise automatiquement par ses parents. C’est, dans notre esprit, un dessin figé, qui ne peut être modifié par l’environnement personnel de l’animal. « Tel père, tel fils », croit-on généralement — on est chat noir de père en fils, de mère en fille.

Quelle n’est pas notre surprise de découvrir que ce n’est pas toujours le cas! Ainsi, chez les siamois, la coloration de la robe dépend de la température ambiante.

A sa naissance, le chaton siamois a la fourrure d’un blanc immaculé. A mesure qu’il grandit, cette couleur uniforme change. Des pigments sombres apparaissent au bout du nez, sur le pourtour des oreilles, à l’extrémité de la queue et sur les coussinets. Cette coloration plus sombre des extrémités, les « points », gagne lentement le reste de la robe à mesure que le jeune chat devient adulte.

couleur-fourrure-siamois

A la fin de la première année, le siamois a son apparence définitive : la couleur du nez a gagné la plus grande partie du museau, l’ourlet sombre autour des oreilles recouvre presque toute l’oreille, la touche colorée au bout de la queue a envahi celle-ci, presque jusqu’à sa base, et le pigment des pattes s’étend jusqu’à mi-jambes.

Au point de rencontre entre les zones sombres et les parties pâles du milieu du corps, il y a une région intermédiaire, d’une teinte douce, plutôt qu’une frontière claire et nette.

Cette coloration, extrêmement séduisante pour l’œil humain, est considérée, par la plupart des gens, comme une distribution particulière des taches sur la robe du félin, comme sur un pelage tabby ou écaille-de-tortue. Or, il n’en est rien. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder ce qui arrive quand un chaton siamois grandit dans un environnement très froid. L’animal, blanc à sa naissance, noircit d’une manière spectaculaire en grandissant. Au lieu d’avoir un corps pâle avec les extrémités sombres, il devient entièrement noir. Un autre chaton siamois, élevé dans un milieu très chaud, se couvre d’une robe très pâle en devenant adulte, sans aucune tache sombre aux extrémités.

Pourquoi ces variantes?  

Chez le siamois, il se trouve qu’une température plus basse au niveau de la peau augmente la pigmentation des poils au cours de leur croissance. Ainsi s’explique que le chaton nouveau-né, à peine sorti du ventre de sa mère, soit tout blanc. Puis, à mesure qu’il grandit dans un milieu où la température est normale, la partie la plus chaude de son corps — la région du tronc — reste de couleur claire, tandis que les extrémités, plus froides, deviennent progressivement plus sombres. Il y a juste assez de différence entre, disons, le bout de la queue et les flancs doux de l’animal, pour donner naissance au motif bicolore typique du siamois.

Autrement dit, étudier le dessin de la robe du siamois seal point, aux extrémités brunes, revient à tracer la courbe de température à la surface de son corps.

Chose remarquable, si un siamois se blesse à la patte ou à la queue, nécessitant un pansement jusqu’à ce que la plaie soit cicatrisée, la présence de ce bandage aura une incidence sur sa coloration. Les poils qui auront commencé à pousser sous le plâtre — où la température est plus élevée qu’au-dehors — ne seront pas pigmentés. On ne s’en aperçoit pas immédiatement en retirant le pansement.

Les anciens poils, sombres, n’ont pas changé, bien entendu. Mais plus tard, lorsque les poils qui ont commencé à pousser bien au chaud sous le plâtre auront remplacé les anciens, une tache d’un blanc étincelant apparaîtra.  Pour les chats domestiques, ce changement peut avoir un effet étrange, déformant, mais pour les chats à pedigree qui participent à des concours, cela peut être une catastrophe qui les empêchera de concourir, tout au moins tant qu’une nouvelle pousse de poils n’aura pas remplacé l’autre et caché la région de l’ancienne blessure.

L’influence de la maladie

Parfois, un siamois peut voir ses extrémités sombres s’éclaircir, sans qu’il y ait eu aucune blessure. Lorsque le cas se présente, il faut y voir le signe que l’animal a souffert d’une maladie avec température, comme une fièvre prolongée ou, peut-être, un choc ou un traumatisme. C’est pourquoi le siamois doit mener une vie calme et saine, doit être protégé des parasites internes, externes et vacciné pour préserver la beauté de sa robe.

Même pour un siamois en bonne santé, du reste, les concours réservés aux chats à pedigree ne vont pas sans problèmes.  En effet, lorsque l’animal vieillit, la température de son corps a tendance
à baisser légèrement, ce qui assombrit peu à peu sa fourrure. Par conséquent, en trois ou quatre ans, la carrière d’un champion siamois prend fin, tandis qu’un jeunot au sang chaud pousse gracieusement vers la sortie son aîné, qui avance vers l’hiver de sa vie.

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